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MACÉ Arnaud (dir.)  

Choses privées et chose publique en Grèce ancienne

2-84137-269-0 - Année : 2012 - 496 Pages - 35 €
COMMANDE


Le présent ouvrage constitue une anthologie de textes rédigés en langue grecque entre le viiie et le début du ive siècle avant J.-C. Cette collection, œuvre d'une patiente sélection et de traductions nouvelles, accomplies par une équipe de chercheurs réunie au sein d'une entreprise qui dura plusieurs années, a l'ambition d'offrir à ceux qui étudient les mondes anciens, mais aussi, plus largement, à tous ceux qui s'intéressent à l'apparition de la chose publique et au déploiement corrélatif de la sphère privée, un accès à la manière dont un peuple, l'un de ceux qui, en Occident, devait donner corps à ce partage, en façonna les contours. Au fil des textes, on voit défiler le paysage dans lequel de telles dichotomies ont pu mûrir au sein des choses, des temps, des lieux, des sentiments ou des actes qui fourmillent dans la vie collective des hommes : celle qui oppose, d'un côté, ce qui est individuel ( idios) à ce qui est collectif ou commun ( xunos, koinos), et celle qui distingue, de l'autre, ce qui relève de l'intérêt privé (idios) et ce qui est officiellement l'expression de la communauté, de la cité, du peuple ( dêmios, dêmosios). C'est au croisement de ces deux systèmes d'opposition, pourtant non identifiables – car on peut faire de manière solitaire, par exemple en ambassade, beaucoup de choses au service de la puissance publique, et, collectivement, faire tant de choses qui ne relèvent en rien de la vie publique, comme, par exemple, aller faire ses courses au marché –, que l'on peut saisir la genèse, à travers les mots des Anciens, de la représentation de la puissance publique et de ce qui s'en distingue. Il fallait en effet, pour qu'une telle conscience vît le jour, que la cité, cette forme sous laquelle les grecs connurent l'État, soit perçue, au moins partiellement, au moins à travers certaines des choses, des décisions, des temps ou des lieux qui emplissent la vie sociale, comme une forme du commun. C'est cette voix oubliée qui nous défie encore à travers les chants des poètes archaïques, les scènes du théâtre, les raisonnements des médecins, la prose des historiens, des orateurs, des sophistes et des philosophes, ou le sourire du fabuliste : celle d'une communauté d'êtres humains pour qui, un jour, la distribution des choses, des richesses, des sentiments, des espaces et des lieux fut perçue comme le fondement même de l'existence collective et comme une affaire trop importante pour ne pas être l'affaire de tous.




Mode d'emploi


La genèse sensible de l'État comme forme du commun
Essai d'Introduction générale
par Arnaud Macé



I. Les poèmes homériques
par David Bouvier


II. Le corpus hésiodique
par Christine Hunzinger


III. Les Hymnes Homériques
par Christine Hunzinger


IV. La poésie lyrique
par Nadine Le Meur


V. Ésope
par Arnaud Macé et Olivier Renaut


VI. Les présocratiques
par Olivier Renaut


VII. La Tragédie
par Michel Fartzoff


VIII. La Collection hippocratique
par Marie-Laurence Desclos


IX. Hérodote
par Karim Mansour et Mélina Tamiolaki


X. Orateurs, logographes et sophistes dans l'Athènes
du ve et du début du ive siècles
par Marie-Pierre Noël


XI. Thucydide
par Agathe Roman


XII. Aristophane
par Malika Bastin-Hammou


XIII. Isocrate
par Marie-Pierre Noël


XIV. Xénophon
par Vincent Azoulay et Pierre Pontier


XV. Platon
par Arnaud Macé



Tables analytiques


Index locorum & Table de concordance