Collections : Accueil - RELIGION - Atopia

AUBIGNAC Abbé d’  

Des satyres, brutes, monstres et démons - 1627

2-84137-143-3 - Année : 2003 - 224 Pages - 19 €
Texte établi, présenté et annoté par Gilles Banderier
COMMANDE


François Hédelin, abbé d’Aubignac (1604-1676), était, par sa mère, le petit-fils du très célèbre chirurgien Ambroise Paré. Est-ce sous l’influence de son aïeul qui possédait l’art de conter sans s’en laisser conter, l’auteur de ce traité Des Satyres (1627) fait preuve, dès cette œuvre de jeunesse, d’un esprit de libre examen qu’il exercera tout au long de sa carrière d’homme de lettres, notamment à l’occasion des diableries de Loudun (1637) dont il fut le témoin sceptique et perspicace. Sa Pratique du théâtre (1657) contient des développements d’une réelle acuité sur les mécanismes de l’illusion dramatique.
La frontière ambiguë et problématique qui tranche entre la sphère de l’illusion onirique-poétique et la sphère de la réalité rationnelle-expérimentale, c’est à l’approcher et à la définir que s’applique l’abbé d’Aubignac, à propos d’une enquête littéraire et d’une réflexion théologique sur la vieille croyance en l’existence des satyres. Ces personnages, sauvages, rebutants et lascifs très présents dans la fable antique et par là très présents dans la culture moderne nourrie d’Antiquité, ont-ils existé réellement ? Étaient-ils de simples animaux ? Étaient-ils apparentés à l’espèce humaine, hors de sa tige adamique ? Étaient-ils nantis d’une âme immortelle promise au salut pour avoir été rachetée par le Christ ? Ou bien étaient-ils, purement et simplement, des incarnations fantasmagoriques de démons vouées à confondre l’intelligence des hommes et à perdre la vertu des femmes ? Telles sont les graves questions débattues dans l’ouvrage de François Hédelin, avec une érudition qui n’est jamais pesante et un esprit qui marie discrètement ironie et orthodoxie.