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MAILLARD Jean  

Louise du Néant - 1732

Triomphe de la pauvreté et des humiliations (Vie et Lettres)

2-84137-187-5 - Année : 2006 - 296 Pages - 23 €
Présentation et notes établies par Claude Louis-Combet

(1ère édition 1987)

COMMANDE


Elle se nommait Louise de Bellère du Tronchay. Née en 1639, elle appartenait à la meilleure noblesse de l’Anjou. Comblée de tous les biens de la fortune, de la grâce physique et de l’intelligence, elle brillait dans les petites cours de sa province natale. Longtemps elle louvoya entre projets de mariage et aspirations charitables jusqu’à ce que, vers sa trente-cinquième année, un sermon, proféré par un obscur prédicateur, la précipitât dans une crise de conscience qui la conduisit aux bords incertains de la folie et de la vocation mystique. Enfermée à la Salpêtrière, considérée comme folle par les uns, comme possédée ou comme sorcière par les autres, elle subit les effroyables conditions de vie faites aux internées. Le salut lui vint, toutefois, de quelques prêtres qui s’intéressèrent à elle et reconnurent l’authenticité de son expérience intérieure. On la fit sortir de la basse-fosse où elle croupissait. Elle devint soignante des folles et des pauvres. Elle devint surtout, dans l’exercice de son dévouement et dans l’approfondissement de son rapport à Dieu, Louise du Néant — un extraordinaire exemple d’abnégation personnelle, de rigueur acétique et d’illumination mystique. Son aventure, extérieure et intérieure, est ici doublement rapportée : par la biographie écrite par le jésuite Jean Maillard qui fut son dernier confesseur et dont l’ouvrage fut publié en 1713 et par un recueil de lettres de Louise du Néant qui, de 1679 à 1693, couvrent toute l’étendue de sa carrière. Ces lettres s’imposent, à nos yeux, comme un témoignage curieux de la vie à la Salpêtrière, mais plus encore comme l’une des expressions littéraires les plus remarquables de l’amour mystique. Catherine de Gênes, Catherine de Sienne, Thérèse d’Avila n’ont pas trouvé d’accents plus vivants et plus persuasifs pour traduire, avec les mots de chaque jour, le mystère intime de l’union divine.