Collections : Accueil - HISTOIRE - Mémoires du Corps

CORNARO Luigi  

De la sobriété ou conseils pour vivre longtemps - 1558

2-84137-304-8 - Année : 2014 - 176 Pages - 15 €
Texte présenté par Georges Vigarello

COMMANDE


Les régimes de vivre du xvie et du xviie siècle révèlent l’importance d’une tradition occidentale: celle de l’association séculaire entre la santé et la sobriété, la tempérance, l’attention toute particulière donnée à la modération, la présence insistante d’une stratégie de calcul. Mais plus encore ces textes révèlent l’apparition de l’individu moderne. Très différents, à cet égard, de ceux du Moyen Âge, ils évoquent une affirmation de soi. Ils sont écrits en termes d’émancipation, d’affranchissement: libération à l’égard des pressions cosmiques, par exemple (la critique de l’astrologie, entre autres, y est nouvelle et déterminante), possibilité d’être le médecin de soi-même, méditation sur la mort jusqu’au sentiment de pouvoir en repousser le terme.Modernes, ces textes appartiennent pourtant largement à leur temps.Ils montrent même à quel point les organes qu’ils écoutent, les réactions qu’ils décrivent, ce corps si proche du nôtre, en est encore si éloigné: les qualités restent celles, toutes naturelles, du chaud, du froid, du sec, de l’humide; l’organique est fait d’humeurs aux pourritures toujours menaçantes, le choix diététique des aliments, enfin, tient aux sensations très individuelles ou au goût particulier qu’ils provoquent et non, bien sûr, à quelque valeur «chimique».

Né à Venise en 1467, dans une célébre famille de doges, exclu des honneurs et des charges de la République par quelque faute d’un de ses illustres ancêtres, Luigi Cornaro découvre à quarante ans, après une vie d’excès qui a ruiné sa santé, les vertus des régimes alimentaires.Il rédige son seul ouvrage à la fin de sa vie, de 85 à 95 ans. Il est mort centenaire.




____________________

SOMMAIRE


Introduction
Georges Vigarello
Les voies d’un affranchissement
La médecine de soi-même
De l’« art de mourir » à une pédagogie de la santé
De Cornaro à Lessius
La postérité de la sobriété


Luigi Cornaro
DE LA SOBRIÉTÉ

CHAPITRE PREMIER
Traité de la vie sobre

CHAPITRE Il
Conseils aux personnes en santé sur les avantages de la vie sobre

CHAPITRE III
Exhortation amicale à la sobriété

CHAPITRE IV
Lettre au Seigneur Barbaro, patriarche d’Aquilée, sur les bienfaits de la sobriété dans la vieillesse






Léonard Lessius
CONSEILS POUR VIVRE LONGTEMPS

CHAPITRE PREMIER
Ce qui a donné occasion à ce traité et quel en est le but

CHAPITRE II
Ce que c’est que la vie sobre, et quelle est la mesure convenable du boire et du manger

CHAPITRE III
Sept règles pour trouver cette juste mesure

CHAPITRE IV
Réponses à quelques doutes
et à quelques objections
Art. I. Régime selon les saisons
Art. II. Faut-il faire un ou plusieurs repas ?
Art. III. Faut-il toujours prendre la même quantité d’aliments ?
Art. IV. Ne suffit-il pas de se purger ?

CHAPITRE V
Avantages de la sobriété par rapport au corps
Art. I. La vie sobre délivre et préserve des maladies
Art. II. La vie sobre éloigne les causes extérieures des maladies
Art. III. La vie sobre adoucit les maux qu’elle ne peut guérir
Art. IV. La sobriété fait vivre longtemps
Art. V. La vie sobre rend le corps plus libre dans ses opérations

CHAPITRE VI
Avantages de la sobriété par rapport à l’esprit
Art. I. La vie sobre donne de la vigueur aux sens
Art. Il. La vie sobre adoucit les passions
Art. III. La vie sobre conserve la mémoire
Art. IV. La sobriété donne de la vigueur à l’esprit
Art. V. La vie sobre émousse les pointes de la concupiscence, et elle en éteint même les feux

CHAPITRE VII
La vie sobre n’a rien de fâcheux et l’intempérance cause de très grands maux