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HILDEGARDE DE BINGEN  

Le livre des subtilités des créatures divines XIIe s.

Tome 2 : arbres, poissons, animaux, oiseaux

2-905614-31-5 - Année : 2002 - 244 Pages - 21 €
Traduit du latin par Pierre Monat et présenté par Claude Mettra

Ouvrage réimprimé ensemble avec le tome 2, dans cette même collection sous le titre de Physica

COMMANDE


Première édition française, traduite de la Patrologie Latine, des œuvres physiques d'Hildegarde de Bingen.

Frappée de lumière, Hildegarde entend la musique sacrée de la vie : elle pose son regard sur les plantes, les métaux, les rochers, les animaux, en y voyant à chaque fois une étincelle de paradis. Sous la plume d'Hildegarde, chaque élément sensible se transfigure, devient sensible et sensuel, agité d'humeurs malignes ou de langoureuses caresses.

Science ou art de voir ? On trouve la trace d'antiques savoirs, mais aussi l'expression d'une « solidarité » avec toutes les formes, visibles ou invisibles, du vivant.


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EXTRAIT

CH. XII: LE BASILIC (De basilisco)
Le basilic naît d'autres espèces de vermines qui ont quelque chose de diabolique, comme le crapaud. Quand la femelle du crapaud est gravide et prête à mettre bas, si elle voit alors un œuf de serpent ou de poule, elle s'en éprend, s'étend sur lui et le couve jusqu'à ce qu'elle mette bas les petits qu'elle avait normalement conçus; une fois qu'elle les a mis bas, ils meurent aussitôt. Quand elle voit qu'ils sont morts, elle s'installe à nouveau sur l'œuf et le couve jusqu'à ce que le petit qui est en lui commence à vivre. Alors, sous l'effet de l'action diabolique, une force venue de l'antique serpent, qui se trouve dans l'Antéchrist, vient la frapper ; ainsi, tout comme le diable résiste aux forces célestes, de même cet animal lutte-t-il contre les mortels en les tuant. Une fois que le crapaud a senti qu'il y avait de la vie dans l'œuf, il est aussitôt frappé d'épouvante et s'enfuit. Le nouveau vivant brise la coquille de l'œuf et en sort; puis, conformément à sa nature, il émet un souffle très puissant, avec le feu le plus brûlant et le plus puissant qui puisse être, à l'exception de celui de l'enfer, semblable à la foudre et au tonnerre. Une fois sorti de l'œuf, il fend le sol grâce à la puissance de son souffle, jusqu'à une profondeur de cinq coudées ; il s'installe là, dans le sol humide, jusqu'à ce qu'il ait atteint sa maturité. Puis il remonte sur la terre et, par son souffle, tue tout ce qu'il trouve en vie, car il ne veut ni ne peut supporter quelque chose de vivant. Quand il voit quelque chose qui vit, il se met en colère et envoie devant lui son froid et son souffle, tuant la créature sur laquelle il souffle : celle-ci tombe aussitôt, comme si elle était frappée par le tonnerre et la foudre.

Si un basilic est mort dans un champ ou une vigne, et que son cadavre y a pourri, ce lieu devient infécond et stérile; si c'est dans une tour ou une maison qu'il est mort et a pourri, les habitants sont toujours malades, les animaux sont souvent frappés de maladie et souvent ils en meurent.