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MONTEBELLO Pierre  

Nature et subjectivité

2-84137-212-6 - Année : 2007 - 288 Pages - 28 €
COMMANDE


Prendre l'expérience de vie consciente, et par conséquent notre puissance de vie dans le corps vécu et la conscience, comme " fil conducteur", telle est l'orientation de ce livre. Les analyses ici proposées visent à rendre manifeste le subtil tissage de sens qui relie subjectivité, corps vivant et univers.
La subjectivité n'est pas une tour d'ivoire, transcendance désincarnée, elle implique un rapport au corps vivant et à l'univers selon des modalités de sens qui tracent les lignes signifiantes de ce qu'exister corporellement veut dire. Comment s'étoffent les riches dimensions de notre vie subjective, affective et perceptive, réflexive et objective, pourquoi dessinent-elles aussi en retour notre impouvoir le plus propre, nos limites anthropologiques les plus intérieures, entre mélancolie et hypomanie, vacuité du sens et saturation du sens ? Questions encore : le problème psychophysique, la genèse de l'individuation psychique, les états valétudinaires de la pensée, la fonction de la perception, la question du changement et du mouvement réel des choses. Autant de thèmes qui se dénouent autrement en suivant ce « fil conducteur ».
Comme en miroir à ce premier moment, ce livre voudrait montrer l'effort extraordinaire de la pensée philosophique pour construire une idée de la nature corrélée au sens plurivoque de notre existence. Repensée à travers notre existence, la nature réacquiert une puissance multidimensionnelle, sans fracture ni fêlure : matière, vie et subjectivité ne s'y trouvent plus séparées mais communiquent dans leurs différences mêmes, dans un même plan de nature. Construire une idée unifiée de la nature sera l'ultime geste de la philosophie pour éviter l'immense péril de la modernité, ce face à face désastreux de la nature mécanisée et de la transcendance désincarnée, cette destruction du témoignage de l'expérience de vie dans notre vie humaine.


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SOMMAIRE

Introduction


Première partie
corps, sujet, univers
dans l’expérience de vie consciente


I) Conscience et corps vécu
A) L’image de la pensée
B) La vie affective
C) La théorie des facultés

II) Qu’est-ce qu’un sujet vivant/conscient ?
A) Le divorce ontologique
B) L’irréductibilité de la conscience

III) Perception, sujet et univers
A) Univers et conscience chez Bergson
La lisibilité de la pensée
Conscience et univers
Le mythe du cerveau producteur
B) Perception subjective et mouvement d’univers

IV) La maladie, aventure et événement de la pensée
A) Mélancolie et vacillations de la pensée dans le Journal
de Maine de Biran
B) Manie et généalogie de la pensée dans la philosophie
de Nietzsche




Deuxième partie
cosmologie
et pensée de la nature


I) La cosmologie chez Nietzsche : univers et apparence
A) L’être comme apparence dans la tragédie
L’être comme apparence, « Sein als Schein »
Néantisation et mysticisme
Le détournement de « l’apparence »
De « notre réalité » au problème du monde
La solution esthétique du problème métaphysique
L’Umdrehung comme platonisme accentué
B) Vers l’apparence comme « unique réalité »
Fiction et filtre
L’inconnaissabilité de l’être et de la vie
Le retournement de l’apparence en « l’unique réalité »

II) Nietzsche : conditions d’une philosophie de la nature
A) La méthode de Nietzsche
B) Penser la nature
Critique des lois
Critique de la causalité
Devenir et éternité

III) La rénovation du concept de nature chez Bergson
A) De l’intuition de soi à l’univers
Nietzsche et Bergson
De l’intuition de soi à l’intuition des différences de la nature
B) De l’unité de la nature
Univocité et idée de la nature
Unité artificielle et unité vivante

IV) Ontologie et cosmologie chez Hans Jonas
A) Une ontologie directe
L’effort chez Biran et Jonas
Le corps et la question ontologique
La signification philosophique du métabolisme
L’anthropologie philosophique dans son rapport à la vie
et à la matière
Une confrontation avec Bergson et Nietzsche
B) L’argument cosmologique
Le retour vers une philosophie de l’esprit
La valeur de l’argument cosmologique

Conclusion