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SAURIN Patrick  

La fleur, le chant. In xochitl in cuicatl.

La poésie au temps des Aztèques

2-84137-142-5 - Année : 2003 - 156 Pages - 19 €
COMMANDE


Il y a dans toute parole un secret. Un tel secret est particulièrement perceptible dans la poésie en langue nahuatl des anciens Mexicains. C’est à la découverte et à l’écoute de cette parole injustement méconnue que nous convie Patrick Saurin avec son livre, La fleur, le chant. In xochitl in cuicatl. Plutôt que de présenter un florilège convenu des genres propres à cette poésie, l’auteur a choisi de réunir des chants pour l’émotion et l’étonnement qu’ils suscitent encore aujourd’hui. Patrick Saurin a réalisé lui-même la transcription et la traduction des poèmes en langue nahuatl, avant d’en proposer un éclairage de nature à guider nos pas au cœur de l’imaginaire des femmes et des hommes qui vivaient à Mexico-Tenochtitlan avant l’arrivée des Espagnols. Mais en plus de cette invitation au voyage, ce livre, comme le relève Claude Louis-Combet, nous pousse à redécouvrir ce que nous avions oublié : ce que fut, ce que demeure la Poésie en son inépuisable commencement.






EXTRAITS


Nochalchiuhteponaz
noxiuhquecholinquiquiz
in nocoyapitza ya
zan ye nicuahcuauhtzin huiya
onihualacic
ao ninoquetzaco ya
nicuicanitl ayyo huiya

cuel zan xonahuiacan
in mayahualmoquetza
ay yollo niccocoa
zan nicehua in cuicatl
in onihualacic
(ao ninoquetzaco ya
nicuicanitl ayyo huiya)

Maya moyollo motoma in maya moyollo motoma
in maya moyollo hualacitinemian
tonechcocolia
tinechmiquitlani
in onoya yehua in ononpoliuh
in anca zan in oquic oo
nocatihualchocaz
nocatihualicnotlamatiz
zan ticnoniuh
o zan ye niyauh
o zan ye niyauh yehua ohuaya


Traduction

Mon tambour de jade,
mon coquillage oiseau émeraude
dans lequel je souffle,ya.
Je ne suis que Cuahcuauhtzin, huiya.
Je suis arrivé jusqu'ici,
ao, je me suis levé, ya,
je suis le chanteur, ayyo huiya.

Un court instant seulement, réjouissez-vous.
Puisse-t-il venir jusqu'ici prendre place,
celui dont je fais souffrir le cœur.
J'élève seulement mon chant.
Je suis arrivé jusqu'ici
(ao, je me suis levé, ya
je suis le chanteur, ayyo huiya).

Que mon cœur s'ouvre,
Que mon cœur vienne s'épancher.
Tu me veux du mal,
tu me détestes.
Je suis parti car je devais périr.
Peut-être que pendant ce temps, oo,
tu pleureras à cause de moi,
tu seras triste à cause de moi,
seulement, mon ami.
Ô seulement je m'en vais,
Ô seulement je m'en vais,yehua ohuaya.