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DEVARIEUX Anne  

Maine de Biran

L'individualité persévérante

2-84137-157-3 - Année : 2017 - 424 Pages - 28 €
Réimpression en octobre de l’ouvrage paru chez nous en 2004
COMMANDE


De la lecture de Maine de Biran, Stendhal affirme qu’elle lui fit connaître « le bonheur habituel ». Peut-on rendre plus bel et plus paradoxal hommage à celui qui ne connut que des états fugitifs et ponctuels, ignora les transitions, ne vécut pour ainsi dire que de courte haleine ? La seule continuité de son être fut d’être ramené sans cesse à soi. Biran aura voulu retrouver et fonder, par delà nos habitudes dont la première est de vivre, le sens de l’individualité. Ecrire, c’était installer la durée, heure après heure, jour après jour.
Le métaphysicien de l’expérience intérieure aura trouvé en Stendhal un lecteur à la hauteur de l’écriture du moi, un écho qui ne s’épuise ni ne s’essouffle. Si sens de l’individualité persévérante il y a, c’est dans le sentiment d’effort que Biran alla le chercher. A la persévérance de celui qui ne se départit jamais de l’étonnement d’être un moi, répond celle d’une écriture ou acoustique singulière dont la voix apparaît comme le canon, la « marque du vrai ».
C’est que l’œuvre ici fait entendre sans rien donner à voir : actes de « vouloir sensibilisé », l’incantation et le ressassement biraniens rendent le son de l’effort auquel on ne peut sans naïveté ôter toute affectivité, tout timbre et cadence propres.
A partir d’un même thème (le moi), Le philosophe harpiste développa autant de variations. L’effort immanent, inintentionné, dessine la figure d’un moi toujours aux aguets, d’une vigilance sans répit. Sentinelle tendue, le moi possède l’acuité moins d’un regard que d’une écoute. Il faut alors comprendre comment le mouvement ouvre un espace intérieur, des temporalités et des manières de s’y adosser. Temps et mouvement se nouent dans une métaphysique de l’individu, sorte d’antagonométrie que son auteur appelle « arithmétique intérieure ».
Mais s’« il y a bien des manières de dormir ou de veiller », c’est que subsiste une matière qu’aucun mouvement n’atteint. Dès lors, scindée entre intuition simple et affection pure, la sensibilité exige que l’on pense le statut d’une intériorité sensible. Ce sont en effet trois et non deux ordres de faits que le philosophe thématise : celui de l’aperception (ou réflexion), de la représentation, et enfin du « sentiment immédiat ». Le musicien français de la philosophie s’est affecté de sa propre puissance et a toujours gardé le sentiment d’un véritable malheur : sa trace affective est mélancolie. La tension qui travaille l’éthique biranienne, vrai fond de son œuvre, c’est elle qu’il s’agit d’exprimer, jusque dans son irrésolution.



Introduction

Première partie

La métaphysique et l’évidence du sens intime

dans le mémoire sur la décomposition de la pensée

Chapitre I. Le sens intime

A. Le sens de l’intériorité

1. Le signe-soi

2. l’objet de la métaphysique

3. les ordres de faits

B. Le sens intime

1. Le sens intime

2. Raison et sens intime

3. L’évidence métaphysique

4. Aperception et réflexion – L’ouïe et la voix de la conscience


Chapitre II. Le moi et le signe

A. L’intériorité biranienne

1. les deux modalités de l’effort

2. Un sens interne actif

B. Le sens de la réflexion

1. L’analyse des facultés

2. Le rôle de la réflexion

3. Les dehors biraniens

C. Aperception et représentation

1. Biran contre Gall

2. Le rapport


Deuxième partie

Temps et mouvement

Chapitre I. Mouvement et sentiment intérieur

A. Mouvement et sentiment intérieur

1. Un fait relatif – L’Être du mouvement – Un effort ou des efforts? – un mouvement effet?

2. Désir et volonté; causalité et succession

B. Une expérience de la distinction non séparée?

1. La coexistence sentie

2. Le mouvement immédiat et le rapport de causalité

3. Deux ou trois corps?


Chapitre II. Étendue intérieure et extériorité. Le sens du continu

A. Étendue intérieure et extériorité

1. L’étendue intérieure et le continûment résistant

2. Le sens du corps et le détour par Condillac

B. Étendue intérieure, espace et extériorité

1. Examen du Commentaire sur les Méditations Métaphysiques de Descartes et de la Note sur la vue

2. Examen des Notes sur l’idéologie

3. Examen de Note sur l‘idée d’existence


Chapitre III. L’espace et le corps du monde

A. Espace et corps du monde

1. Critique de l’interprétation de M. Henry

2. Sens du continu résistant: espace ou temps?

3. La question du mouvement

4. Corps objectif et corps propre


Troisième partie

Une intériorité sensible?

Chapitre I. Temps et identité subjective

A. la question de l’identité subjective: temps de l’écriture philosophique et temps du Journal

1. L’écriture philosophique

2. Un lecteur critique

3. L’acoustique de Biran

4. Continu et discontinu de l’écriture

5. Le Journal ou l’éthique de Biran


Chapitre II. Une théorie de la sensibilité

A. La sensibilité

1. Introduction

2. Les affections pures – Les intuitions simples

3. Musique et affects — Les intuitions auditives

4. Image et souvenir

B. La question de la réminiscence

C. Imagination et mémoire: la généralité du monde devant la simplicité individuelle du moi

D. La passivité

1. le sujet de la passivité et la question du sentiment de l’existence

2. le sens de l’impuissance biranienne

3. Une intériorité sensible

4. L’idée d’un moi passif

5. Désir et croyances affectives: l’émotion biranienne

6. À la recherche des signes ou l’existence compliquée


Chapitre III. L’éthique biranienne

A. la tension morale

1. Morale et motricité

2. Affections et moralité: le dessous des cartes

3. Consensus d’activité et consensus sympathique – Imagination et sentiments moraux

4. Un somnambule en société: le sommeil magnétique

B. Le sens de l’incosncient biranien

C. L’existence antérieure ou l’a parte de Biran

D. La rêverie et la mélancolie de Biran


CONCLUSIONS